L’art des opérations en Chine et au Pakistan : lieutenant-colonel EKOSSO de l’Ecole de guerre (rencontre professionnelle)

Le Commandant EKOSSO (22ème promotion de l’Ecole de guerre), Parrain de la promotion 2014-2015 du Master.

Comme tous les ans, l’Ecole de guerre désigne un parrain pour accompagner les étudiants-analystes du Master s’occupant plus particulièrement des questions de sécurité africaine. Cette année, c’est le lieutenant-colonel Françis LYSONGE EKOSSO du Cameroun que nous avons l’honneur de recevoir parmi les membres du corps enseignant de la formation. Son parcours est plutôt atypique : spécialisé dans la sécurité civile et la gestion des risques majeurs (issu du corps des sapeurs-pompiers de Paris), il compte parmi les rares experts africains francophones dans un domaine encore largement en développement sur le Continent. Universitaire de haut niveau, il est diplômé entre autre d’un doctorat d’Etat (PhD) Gestion des Risques et Catastrophes, de l’Atlantic International University, (USA, 2012). Il dispose aussi d’une solide expérience de terrain dans des opérations de secours au Bénin en 2011 au sein d’une mission des Nations Unies et dans le domaine de la gestion des accidents aériens.

Sécurité et défense : une dimension culturelle à part entière.

La conférence s’est déroulée le 7 janvier 2015, dans les locaux de la Fasse. L’expérience internationale de l’intervenant est certainement le point le plus intéressant de son mentorat. Ayant étudié dans plusieurs pays, notamment en Chine et au Pakistan dans le cadre des écoles d’états-majors, il a pu témoigner de l’impact de la culture d’une société sur la manière de concevoir la guerre et les opérations.  Ce témoignage était d’autant plus instructif qu’il émanait d’un non-Occidental.

L’intervenant nous a tout d’abord fait partager avec une pointe d’humour et de malice son expérience personnelle en « terre inconnue ». L’adaptation personnelle à un environnement chinois et pakistanais avec des coutumes et des préjugés différents concernant « l’étranger » a servi d’introduction pour bien prendre en compte la dimension culturelle de l’affaire.

Il a poursuivi par une présentation rapide des politiques de sécurité et de défense des deux pays et de leurs appareils militaires respectifs. Le conférencier a ensuite brossé les traits dominants dans les deux sociétés et leurs impact sur la conception des relations entre civils et militaires et, à l’intérieur de la communauté militaire, sur les comportements et les normes. Il a ensuite esquissé les « biais » caractéristiques aux opérations dans ces deux pays (stratégie indirecte, respect rigoureux de la hiérarchie, sens du sacrifice).

Dans sa dernière partie, le conférencier à plus particulièrement présenté les perceptions négatives et la suspicion envers l’Occident partagées par les élites militaires chinoises et pakistanaises. Dans les deux cas, la recherche du renseignement et surveillance de chacun constituaient une similitude commune en dépit des différences culturelles et sociétales.

En conclusion, le lieutenant-colonel EKOSSO a souligné l’engagement international des deux forces armées avec les opérations de maintien de la paix : la Chine rejoignant maintenant le Pakistan sur le Continent africain.

Au final, une conférence très originale, montrant l’importance des perceptions et des préjugés dans les domaines clés de la défense et de la sécurité. Un point fondamental que chaque analyste doit retenir dans son travail.

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Forum de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique : le Master était présent !

Alexandre TAITHE, chargé de séminaire, Nathalie RUFFIE, diplômée 2012-2013.

Alexandre TAITHE, chargé du séminaire environnement et sécurité et Nathalie RUFFIE, diplômée 2012-2013.

Les 14 et 15 décembre 2014 a eu lieu, à l’initiative de la France et du Sénégal, le Forum sur la paix et la sécurité en Afrique. Cet événement particulièrement important a rassemblé quatre chefs d’Etats dont trois en exercice et des centaines d’experts et d’institutionnels de la défense et de la sécurité. On a noté aussi une représentation en nombre des industriels africains de la sécurité, montrant ainsi la vitalité d’un domaine en pleine expansion. Cette évolution témoigne de la très rapide maturation des organisations privées du Continent dans la prise en charge de leurs propres intérêts.

Richesse du dialogue et qualité des échanges témoignent de l’intense implication des parties prenantes

La Fondation pour la Recherche Stratégique (FRS) et la CEIS étaient chargées de l’organisation de partie française en étroit partenariat avec l’Institut Panafricain de Stratégie (IPS) présidé par Cheikh Tidiane GADIO et la Présidence du Sénégal. Comptant sur près de 350 invités au départ, ce sont plus du double de participants qui ont pu assister aux différents ateliers et conférences émaillant l’événement. Une couverture médiatique tant nationale, qu’internationale a largement rendu compte des interventions et des rencontres.

Des thèmes nombreux ont été explorés : lutte contre la piraterie, contre le crime organisé ou le terrorisme, opérations de maintien de la paix, architectures de sécurité Union africaine – Nations Unies, conflits du Mali ou de RCA, stabilisation des régions frontalières… Les sujets n’ont pas manqué. Le point d’orgue fut atteint lors de la conférence des chefs d’Etats réunissant leurs Excellences MM. Macky SALL du Sénégal, Idris DEBY-ITNO du Tchad, Ibrahim Boubacar KEITA du Mali et son prédécesseur, Amadou Toumani TOURE, en présence du Ministre français de la défense.

Une solide expérience opérationnelle pour une diplômée du Master

Une partie du personnel enseignant au sein du Master est par ailleurs membre de la FRS. Il était donc logique que nous soyons sur place en raison de cette proximité. Ce fut surtout l’occasion pour l’une des diplômées de la promotion 2012-2013 de bénéficier d’un contrat à durée déterminée pour soutenir l’équipe de préparation et de conduite du projet à Paris d’abord, puis à Dakar. La tâche fut lourde, mais les résultats très positifs au final : à la fois au profit de l’équipe soutenue et pour la jeune contractuelle qui, pour le coup, a amorcé la suite de son insertion professionnelle sans trop de difficultés.

Pour en savoir plus :

RFI : http://www.rfi.fr/afrique/20141215-forum-paix-securite-afrique-dakar-sahel-barkhane-palasset/

Jeune Afrique : http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20141216170604/

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Diplômes de la promotion 2013-2014

Promotion 2013-2014 : une dernière rencontre avant la dispersion finale.

Le 9 décembre 2014, a eu lieu la soirée annuelle de remise des diplômes des masters de la Faculté des sciences sociales et économiques de l’Institut Catholique de Paris, en présence du Recteur Monseigneur Philippe BORDEYNE, du Doyen,  le Professeur Arnaud De NANTEUIL. La cérémonie était orchestrée par Corinne VALASIK, Vice-doyenne pour les masters. L’Eglise Saint Joseph des Carmes avait été spécialement ouverte pour l’occasion, offrant un cadre réellement remarquable.  Une petite partie des récipiendaires n’était malheureusement pas présente, en raison des engagements professionnels ou du retour au pays des diplômés non européens. Dotée d’une solide cohésion et d’un fort esprit de groupe, la promotion sortante a particulièrement bien réussie son parcours. Ce fut aussi l’occasion de remercier Madame Laure VINCENT, coordinatrice pédagogique de la formation pour tout le travail de soutien indispensable au succès des uns et des autres. Adieu 2013-2014 et bonne fortune à tous !

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Forum ICP-entreprises, le Master anime l’espace « métiers de la sécurité internationale »

Une présentation « métiers » par des praticiens

MM. Jean-Paul VALLIN (Ayudo-Technology) et Louis RETBY-PRADEAU (Argus Security Projects)

MM. Jean-Paul VALLIN (Ayudo-Technology) et Louis RETBY-PRADEAU (Argus Security Projects)

Le 5 décembre 2014 s’est tenue la journée réservée au « Forum des entreprises ». Cette occasion de rencontre avec les étudiants et les opérateurs du monde du travail est préparée de longue date avec le concours actif des services de l’Institut. Le Master GSI y contribue, dans son domaine, par l’animation d’un espace « métiers de la sécurité internationale ».

A cette occasion, le Colonel Jean-Paul VALLIN, Président de la société AYUDO-TECHNOLOGY et Louis RETBY-PRADEAU de la société ARGUS SECURITY PROJECTS ont bien voulu assurer une présentation d’une heure sur leur expérience professionnelle du monde des « entreprises de sécurité et de service de défense » (ESSD).

Filières et formations porteuses sur des marchés évolutifs

Le Colonel VALLIN a décrit la très grande « plasticité » des marchés de la sécurité internationale qui « collent » à l’évolution des besoins des clients et à la configuration changeante des conditions locales. Les entreprises opérant sur ces secteurs doivent en permanence s’adapter et revoir leurs capacités.  L’intervenant a donc articulé sa présentation autour des thèmes suivants :

  1. Les environnements de sécurité ;
  2. Les capacités sollicitées ;
  3. Les types de poste « sécurité » dans une grande entreprise du privé ;
  4. Les postes dans le secteur public ;
  5. Les spécificités émergentes ;
  6. Les métiers menacés ;
  7. Hiérarchie et salaires.

L’intervenant a insisté auprès de l’auditoire sur les capacités et qualités recherchées chez de jeunes candidats aux postes présentés. Comme il fallait s’y attendre, autonomie, rigueur, motivation et esprit d’initiative figuraient en bonne place. De même d’ailleurs que les connaissances linguistiques et le respect de l’ORTHOGRAPHE !!!

Un diplômé du Master devenu professionnel

L’intervention de Monsieur Louis RETBY-PRADEAU revêtait, pour sa part, un double intérêt. Le conférencier est en effet diplômé du Master au titre de la promotion 2011-2012. Il est aussi professionnellement engagé au sein d’une entreprise étrangère. Son parcours était donc particulièrement éclairant pour les auditeurs.

Dans une première partie, le Conférencier a présenté la société dans laquelle il travaille : domaines d’activités, zones géographiques d’engagements ; types de personnels et de missions. Dans une seconde partie, il a décrit plus particulièrement son parcours personnel depuis la sortie de la formation et sa progression sur le marché du travail.

Les deux interventions ont donné lieu à de nombreuses questions dans un amphithéâtre comprenant plusieurs centaines de personnes. On pouvait regretter, d’ailleurs, la limite obligée de l’exercice, cantonnée à une seule heure. Quelques contacts ont, heureusement, pu se nouer à l’issue de la conférence.

Dans le monde de l’entreprise, le temps est compté. C’est donc une réelle reconnaissance qui est exprimée envers les conférenciers pour le temps passé avec les étudiants. Une grand merci aux différents services de l’ICP qui ont permis ces rencontres.

Pour en savoir plus :

La société AYUDO TECHNOLOGY : http://www.ayudo.com/

A noter que Monsieur VALLIN tient le blog « Points chauds » que les lecteurs de ce site connaissent bien : http://pointschauds.fr/

La société ARGUS SECURITY PROJECTS : http://www.argusgroup.eu/

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L’attaché de défense en Ambassade par le Colonel PRIGENT de l’IHEDN (rencontre professionnelle)

Des stagiaires au sein des missions militaires françaises en ambassade

Le conférencier et son auditoire.

Le conférencier et son auditoire.

Depuis plusieurs années, les étudiants-analystes de la formation sont encouragés à prendre des responsabilités et à présenter des dossiers auprès des missions militaires à l’étranger ; ouvrant ainsi aux lauréats des séjours de six mois à Washington, Tel-Aviv, le Caire, Hanoï et Tokyo. Il devenait donc naturel de présenter la mission militaire et son chef : l’attaché de défense auprès de l’Ambassadeur. Le Colonel Eric PRIGENT, chef du bureau des séminaires de l’Institut des hautes Etudes de la Défense Nationale (IHEDN) nous a fait part de son expérience, le 18 novembre 2014.

Un représentant de l’EMA et un conseiller de l’Ambassadeur

L’attaché de défense est un officier supérieur représentant de l’état-major des armées, assumant le rôle de coordination des affaires de défense sous l’autorité de l’Ambassadeur, dont il est le conseiller pour ce domaine. Dans les ambassades les plus importantes, cette fonction peut être tenue par un officier général. L’attaché de défense dispose du statut de protection mis en place pour les diplomates. Le Conférencier a donc présenté les différents rôles et missions de l’attaché et la manière dont s’organise les tâches de la mission militaire.

Le conférencier nous a fait part de la sa longue expérience dans les Balkans ; zone géographique dans laquelle il a tenu a peu près tous les postes d’attaché de défense depuis la fin de guerre civile en Ex-Yougoslavie. L’accent a été porté sur la qualité humaine et l’esprit d’initiative indispensables à cette mission de contact avec les différents acteurs institutionnels locaux. La connaissance de la langue et de la culture constitue également un atout indispensable dans la création de liens de confiance suffisant pour traiter d’affaires de défense et de sécurité sensibles avec les autorités locales et le monde de l’industrie.

Les auditeurs ont été instruits des capacités et qualités requises pour des postes de rédacteur que de jeunes collaborateurs auront à assurer sein de la mission.

Au final, la conférence a permis de faire découvrir un organisme fort peu connu, mais qui offre une expérience formatrice certaine et reconnue pour celles et ceux qui disposent de la possibilité d’y faire un séjour.

Nos sincères remerciements à l’intervenant pour sa disponibilité.

Pour en savoir plus :

une dossier du Geneva Center for the Democratic Control of the Armed Forces (DCAF) présentant un historique et une étude comparative des attachés de défense : 2007-DCAF-fiche-technique-attaché-de-défense

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Editions du Cygne : la diplomatie de la Corée du Sud par Delphine LAGARRIGUE

1couv_coreeLa collection Géo-sécurité des Editions du Cygne s’enrichit d’un nouveau volume concernant la diplomatie de la Corée du Sud. Son auteur, Delphine LAGARRIGUE a été diplômée du Master au titre de la promotion 2012-2013. Cette publication est le fruit de son travail de mémoire de fin de cycle. C’est avec une réelle fierté que le Master contribue à la publicité de cet ouvrage.

Motivée à la fois par son ambition de devenir un acteur régional à part entière et par ses inquiétudes face aux menaces nord-coréenne, chinoise, voire japonaise, la Corée du Sud cherche aujourd’hui à s’affirmer autrement que par son alliance avec les États-Unis. En tant que membre non permanent du Conseil de Sécurité des Nations Unies et de nombreuses organisations régionales et internationales, la Corée du Sud a réussi petit à petit à affirmer son statut de puissance moyenne incontournable. Cette puissance reste cependant limitée dans son environnement direct.
Dans un contexte régional marqué par la montée en puissance de la Chine et un recentrage américain vers le Pacifique, Séoul fait aujourd’hui face à un dilemme de positionnement entre son allié américain et son partenaire commercial chinois. Cette situation, troublée par les habituelles menaces nord-coréennes, a poussé la Corée du Sud à chercher ses marques dans un environnement asiatique plus « lointain ». Suivant la route tracée par la politique du « partenariat global » de Lee Myung-bak, la politique étrangère de Park Geun-hye s’emploie à renforcer la présence sud-coréenne autant en Asie du Sud-Est qu’en Asie Centrale. Une politique qui vise sur le long terme à garantir à Séoul une plus grande indépendance et autonomie vis-à-vis des États-Unis et de la Chine. La préoccupation nord-coréenne restant la principale priorité de Séoul, sa diplomatie de réseau lui permettra-t-elle de s’affirmer au-delà de ses relations avec les États-Unis et la Chine ?

L’ouvrage peut être commandé à l’adresse suivante : http://www.editionsducygne.com/editions-du-cygne-diplomatie-coree-du-sud.html

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Les ESSD en France : un secteur en devenir (rencontre professionnelle)

Le Master 2 GSI forme des analystes pour des opérateurs économiques travaillant en zone sensible. Par définition, les entreprises de services de sécurité et de défense (ESSD) entrent dans le champ de compétence de nos personnels. C’est la raison pour laquelle la première conférence professionnelle de l’année 2015 a été dédiée à l’étude de ces entreprises assez mal connues en France.

Deux spécialistes de la question ont bien voulu venir présenter à l’auditoire les dernières évolutions en cours, dans le domaine de la réglementation de ces entreprises : le Lieutenant-colonel PEINAUD du Ministère de la défense (Délégation aux affaires stratégiques) et Monsieur Charles LIONACK de Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN). La conférence a été prononcée le 7 octobre 2014 dans les locaux de la Fasse.

Un travail de règlementation de longue haleine

Le Lieutenant-colonel PEINAUD a livré les conclusions d’un travail de recherche universitaire récent mené par ses soins sur l’évolution des activités de réglementation du domaine. Après avoir présenté le cadre en vigueur avec la loi de 1983 réglementant les activités des entreprises de sécurité sur le sol national et celle de 2003 prohibant les activités de mercenariat, l’intervenant a insisté sur le lent travail de maturation ministériel, puis interministériel qui a peu à peu pris en compte la question des ESSD à l’étranger.

Livrant une analyse de science administrative, le conférencier a bien mis en évidence les différentes cultures organisationnelles qu’il a fallu faire dialoguer. Les ministères de l’intérieur, de la défense, des transports, des affaires étrangères sont parties prenantes dans cet ensemble, sans oublier le rôle du SGDSN dans les différents projets de textes mis à l’étude depuis quelques années.

L’effet accélérateur de la lutte contre la piraterie

De son coté, Monsieur LIONACK a développé une présentation sur deux thèmes. D’abord, en complément de la première intervention, il a insisté sur l’importance de la lutte contre la piraterie et de l’impossibilité pour la Marine Nationale de répondre à toutes les sollicitations des armateurs visant l’embarquement d’équipes de protection des navires pour les zones sensibles (Somalie, Golfe de Guinée). La demande des professionnels de la mer et des assureurs a donc eu pour effet d’accélérer la rédaction et la publication d’une loi autorisant l’embarquement d’équipes armées appartenant à des sociétés privées. La loi de juillet 2014 a donc été présentée à l’auditoire, dans ses dispositifs de contrôle.

Le second thème concernait le point de situation des activités normatives internationales sur les ESSD. Le conférencier a commenté le processus de Montreux qui sert de cadre à certains Etats, organisations non gouvernementales et grandes ESSD essentiellement anglo-saxonnes pour l’étude et la mise en pratique de normes de responsabilité et de comportement. Un code de conduite a été rédigé en 2010 (ICOC), dont le contenu vient d’être adopté aux Etats-Unis à travers les normes ANSI/PSC. Ces dernières, activées en 2012-2013, servent maintenant de socles aux travaux actuellement en cours sur la norme ISO 78788 concernant les entreprises de sécurité.

En conclusion : il existe bien un modèle économique en développement des ESSD auquel la France doit se préparer

Le débat qui a suivi a bien permis de faire comprendre l’enjeu économique représenté par les ESSD, dont les Etats-Unis, le Royaume Uni ont jusqu’à maintenant tiré profit. De nouveaux acteurs apparaissent d’ailleurs (Israël, Chine, Russie…). La perception française des ESSD comme prolongement d’activités mercenaires évolue donc lentement, mais assurément, pour tenir compte de la réalité des activités de ces sociétés, lesquelles sont très souvent non armées, ne concernent que le conseil ou la formation et sont soumises aux droits nationaux et bientôt aux normes internationales en discussion. Les marchés de la sécurité constituent un enjeu qu’on ne peut plus se permettre de négliger.

Un grand merci aux deux conférenciers pour nous avoir fait percevoir la réalité du travail de réglementation entrepris dans notre pays et la lente maturation des perceptions.

Pour en savoir plus :

– Le document de Montreux – Forum créé à l’initiative du Gouvernement suisse et du Comité international de la Croix rouge en 2008 pour responsabiliser l’utilisation des ESSD par les Etats dans le respect des droits de l’homme et du droit des conflits armés. Le site du Département fédéral des affaires étrangères offre un bon point de départ.

International Code of Conduct for Private Security Service Providers (ICOC). Le code de conduite a été inspiré par le contenu du Document de Montreux, mais concerne cette fois l’étude de normes de responsabilité et de comportement par les ESSD elles-mêmes. Le code est le fruit d’un travail collaboratif entre de grandes ONG et ESSD anglo-saxonnes, les gouvernements suisse, américain et britannique. Une association permanente (ICOCA) est en charge du suivi de la mise en œuvre du contenu du code.

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