Sociologie des conflits armés

Module de rattachement : polémologie.

  • Séminaire de 14 heures dispensé en sept séances de deux heures.
  • Fin du premier semestre.
  • Intervenant : Jean-Jacques PATRY
  • Contact : jjpatry@gmail.com

Présentation du séminaire.

Approche sociologique du conflit armée assure la suite du séminaire guerres et sociétés : une histoire commune. Après avoir été initiés aux différentes interprétations explicatives des conflits, les étudiants s’intéresseront aux formes de violences collectives et à leurs interactions dans le cadre  des mécanismes sociopolitiques de rébellion que connaissent les sociétés et les Etats contemporains.

La lutte entre entités de rang international différent (Etats contre organisations non étatiques) est aujourd’hui pleinement reconnue comme un environnement propice au développement des conflits armés. Cette tendance est attribuée à la mauvaise gouvernance et à la faiblesse de certains Etats n’assurant plus les fonctions fondamentales de protection des citoyens. Le corps social se décomposant, des organisations violentes peuvent prospérer et menacer la paix locale, comme la stabilité internationale. Ce constat a, pour une grande part, inspiré la politique de « lutte contre la terreur » inaugurée par les Etats-Unis après le 11 septembre en Afghanistan et en Irak. Les entités irrégulières, ou asymétriques, sont dès lors désignées comme une source à part entière de menaces. De son coté, la communauté internationale, via le système des Nations Unies, tente par divers programme de stabilisation / reconstruction de mettre un terme à la violence pour pouvoir relancer les activités de développement. Dans les deux cas, les entités violentes irrégulières se révèlent être des acteurs incontournables dans l’acceptation ou le rejet d’un processus de paix.

Objectif du séminaire.

L’objectif du séminaire vise donc à éclairer les étudiants sur la nature de ces organisations non étatiques et sur les formes de violences collectives mises en œuvre pour atteindre leurs objectifs ultimes. L’approche pédagogique consistera donc :

  • à définir précisément les formes de violences collectives utilisées dans les relations internationales contemporaines et les sociétés en conflits armés, ainsi que leurs acteurs ;
  • à identifier les rationalités opérationnelles inhérentes à ces formes de luttes armées (processus de génération de force, mobilisation des ressources, identification des stratégies accessibles, intégration des dimensions sociétale, populaire, médiatique et informationnelle, organisation fonctionnelle) ;
  • à caractériser les réponses apportées par les Etats pour tenter d’y mettre un terme : pratiques de la terreur d’Etat, de la contre-insurrection et tentatives de réponse de la communauté internationale par les opérations de stabilisation / reconstruction.

Une part importante de l’analyse portera sur des études comparées de cas historiques et contemporains de rébellions armées. La consultation des quelques sites conseillés permettra de comprendre l’étendue et la complexité des domaines. Toutefois, il convient de garder à l’esprit qu’il en existe des dizaines d’autres, dont beaucoup nécessitent un abonnement.

Sites en accès libre et en langue anglaise.

Prism. La nouvelle revue en ligne du Center for Complex Operations de la National Defense University (US). Prism fait appel à des sociologues, des anthropologues et des experts de terrains des organisations ministérielles ou internationales. Les thèmes de la stabilisation, du Nation-Building, des insurrections par zone géographique sont régulièrement abordés. Les réponses ou tentatives de réponses sont analysées, critiquées. Un laboratoire d’idées, en quelque sorte !

Small Wars Journal (SWJ). Un blog rassemblant universitaires et praticiens sur les formes non conventionnelles de guerres et de conflits. On y trouve une revue, des dossiers historiques et contemporains. Des analyses critiques et des discussions détaillées sur les engagements et campagnes en cours sont présentées sous une forme analytique. Les liens ouvrent l’accès à un nombre élevé de blogs professionnels et à une multitude d’autres sites officiels ou non. A exploiter à plusieurs et avec du temps !

Rand Corporation. Cet organisme est très connu pour ses études stratégiques du temps de la Guerre froide. Il couvre aujourd’hui tous les domaines des politiques publiques aux Etats-Unis. Deux divisions intéressent plus particulièrement notre propos, le Project Air Force et Arroyo Center. Le premier concerne les études pour le compte de l’US Air Force tandis que le second travaille au profit de l’US Army. De nombreuses publications concernent les formes contemporaines de conflits et les adaptations des appareils de force. Une série complète d’études sur les insurrections est disponible en ligne.

Sites en accès libre et en français.

Centre Pearson de recherche sur la paix (Canada). Nos amis canadiens offrent l’avantage d’un site totalement bilingue. Il est donc conseillé pour les étudiants impécunieux souhaitant se perfectionner en anglais. En dehors de cet avantage, le site offre une nombreuse bibliographie en ligne sur des conflits en cours et les opérations de maintien de la paix déployées.  On y trouve aussi une liste de « sujets d’intérêt » qui permet de connaître les thèmes porteurs pour les Nations Unies, les ONG, etc. Bref : une piste de sujets potentiels pour des mémoires utiles, au profit d’étudiants malins !

International Crisis Group (ICG). Ce centre international d’expertise est universellement reconnu pour ses activités de suivi et d’analyse des conflits armés en cours ou en phase d’ébullition. Des universitaires renommés et de hautes personnalités civiles cotoient des experts de terrain constituant des dossiers remarquablement instruits dans les dimensions politique, économique, sociale, culturelle et sociologique. Les publications sont disponibles en français et en anglais, bien que les rapports soient rédigés plus souvent en anglais. Un excellent point de départ pour un travail d’analyse régionale !

ROP – Réseau francophone des opérations de maintien de la paix. Encore nos amis canadiens. Ce site est une véritable mine sur les opérations de maintien de la paix achevées ou en cours d’exécution. Chacune est disséquée de manière très précise. Une documentation complémentaire et des analyses d’universitaires et de praticiens éclairent l’environnement conflictuel baignant l’opération. Des liens hypertextes vous mènent dans toute la galaxie des organisations internationales. A noter que des diplomés du Master sont aujourd’hui devenus des experts reconnus au sein du réseau. Comme quoi… !

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