Les médias dans les conflits armés

 Module de rattachement : polémologie.

  • Cours de 14 heures dispensé en sept séances de deux heures.
  • Premier semestre universitaire.
  • Intervenant : Beaudouin BOLLAERT.
  • Contact : bbollaert@live.fr

Présentation du cours.

Ce cours traite à la fois de la science de la communication et du métier de l’information dans les zones de conflit ou de forte tension.

La communication, au sens noble, c’est promouvoir ses intérêts, partager ce que l’on a en commun et gérer les différences. Mais c’est  aussi, quand les événements le nécessitent, la propagande, la manipulation, voire l’intoxication…

L’information, c’est rapporter les faits tels qu’ils se présentent et traquer au plus près la vérité en évitant la censure. S’il se veut dans l’absolu un observateur neutre, le journaliste n’en est pas moins un narrateur et un interprète des faits soumis à une certaine subjectivité.

Avec le renfort d’invités « en situation », le cours s’efforce de fournir aux étudiants quelques clés pour mieux comprendre le travail des journalistes et celui des communicants sur le terrain ou dans les coulisses.

Contenu et objectifs du cours.

Informer n’est pas communiquer et vice-versa. Médias et experts en communication peuvent travailler main dans la main (voir les journalistes « embarqués » avec une unité militaire, par exemple), mais ce n’est pas toujours le cas. Les intérêts peuvent diverger et l’indépendance des uns se heurter aux impératifs des autres…

Au-delà, suit-on un conflit ethnique en Afrique comme on « couvre » l’intervention américaine en Irak ? Parle-t-on d’un conflit asymétrique comme on décrit une guerre « classique » ? Et quid de la lutte souterraine contre le terrorisme ou des actions menées contre la piraterie maritime ?

De la Première guerre mondiale à la présence de l’OTAN en Afghanistan, en passant par la Guerre d’Algérie, le génocide au Rwanda ou l’éclatement de la Yougoslavie, la saga des médias dans les zones de conflit se confond avec l’histoire de notre temps. Mais le temps d’hier n’est plus celui d’aujourd’hui et l’histoire s’accélère : aux livres, aux journaux et aux magazines illustrés de jadis ont succédé le cinéma, la radio, la télévision et maintenant Internet.

Pour les journalistes comme pour les communicants, pour les militaires comme pour les hommes politiques, le défi est de taille. Car les nouvelles technologies, après avoir permis à CNN de faire vivre la « guerre en direct », sont maintenant les vecteurs de révélations spectaculaires (WikiLeaks)… L’ère de la transparence complète est-elle pour demain ? La transparence n’est-elle pas au contraire le faux nez de l’opacité ?

Bibliographie sommaire.

  • Beauregard Claude, Saouter Catherine (sous la direction de), Conflits contemporains et médias, Editions XYZ, Montréal, 1997, 192 p.
  • Beauregard Claude, Canuel Alain, Coutard Jérôme , De 1914 au World Trade Center, les médias et la guerre, Editions du Méridien, Montréal, 2002.
  • La Brosse Renaud (de), Reporters sans frontières, Les médias de la haine, La Découverte, Paris, 1995, 168 p.
  • Chaliand Gérard, La persuasion de masse. Guerre psychologique, guerre médiatique, Robert Laffont, Paris, 1992, 236 p.
  • Courrier International, Les Médias dans la guerre, n°374 du 31/10/2001.
  • Coutau-Bégarie Hervé (sous la direction de), Les Médias et la guerre, Economica, Paris, 2005, 1032 p.
  • Ferro Marc, L’information en uniforme, Ramsay, Paris, 1991, 121 p.
  • Halimi Serge, Vidal Dominique, L’opinion, ça se travaille, Agone, Marseilles, 2006, 224 p.
  • Knightley Philip, Le correspondant de guerre, de la Crimée au Vietnam. Héros ou propagandiste ?, Flammarion, Paris, 1976.
  • Mathien Michel (sous la direction de), L’information dans les conflits armés, du Golfe au Kosovo, L’Harmattan, Paris, 2001, 526 p.
  • Saint-Exupéry Patrick (de), L’inavouable, Les Arènes, Paris, 2004, 288 p.
  • Saint-Exupéry Patrick (de), Complices de l’inavouable : la France au Rwanda, Les Arènes, Paris, 2009, 315 p.
  • Wolton Dominique, War game, l’information et la guerre, Flammarion, Paris, 1991, 220 p.
  • Wolton Dominique, Informer n’est pas communiquer, CNRS éditions, 2009, 147 p.

 Sites Internet conseillés :

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