Introduction à la stratégie opérationnelle dans les conflits armés

Module de rattachement : méthodologie.

  • Séminaire de 14 heures dispensé en sept séances de deux heures.
  • Premier semestre universitaire.
  • Intervenants : Jean-Jacques PATRY et Philippe GROS.
  • Contact : jjpatry@gmail.com et philgros1@yahoo.fr

Présentation du séminaire.

Cet enseignement, introduit pour la première fois en 2011-2012, est apparu indispensable à la compréhension des principes physiques régissant les conflits armés. La stratégie est le fruit d’un long cheminement historique tiré de la pénible expérience des engagements militaires et d’une littérature spécialisée qui a constitué, par une lente maturation, un corpus théorique souvent difficile à saisir. Le terme lui-même prête à la plus grande confusion depuis qu’il a quitté le domaine strictement militaire au XIXème siècle pour toucher la quasi-totalité des activités humaines contemporaines.

En termes d’outils d’analyse d’une situation opérationnelle, la stratégie est un instrument utile permettant d’émettre des hypothèses sur le comportement des bélligérants, puis de les vérifier par un travail d’analyse. En ce sens, la stratégie complète les autres méthodes enseignées dans le cadre de ce module.

Objectifs du séminaire.

Le séminaire concentre l’attention des étudiants sur la dimension opérationnelle de la stratégie, c’est-à-dire sur la planification et la conduite de capacités et des moyens sur le terrain, ainsi que sur le canevas méthodologique indispensable pour les appréhender. A cet égard, l’enseignement dispensé vise à :

  • Présenter la méthode stratégique comme outil d’application de la décision ;
  • L’illustrer par analyse comparative des opérations par milieu (aéroterrestre, aéromaritime, spatial, spécial. A noter : les stratégies dans le cyberespace font l’objet d’un autre cours particulier) ;
  • Familiariser les étudiants avec les capacités supports de ces stratégies de milieu. La stratégie opérationnelle est en effet étroitement liée à l’évolution et à l’intégration technologiques des capacités utilisées.
  • Cristalliser une culture instrumentale par apprentissage d’un vocabulaire spécialisé et la maîtrise de concepts clés permettant d’élaborer une intelligence de situation et de la dérouler sur un cas pratique.

Plan du séminaire.

Séance n° 1 – Le cadre de la stratégie.

  • Histoire de la stratégie dans les conflits armés ;
  • Présentation de la « pyramide stratégique » ;
  • Définitions et caractéristiques des familles stratégiques directe et indirecte.

Séance n° 2 – Les stratégies opérationnelles.

  • L’usure et la manoeuvre : l’approche indirecte ;
  • Les mécanismes de défaite et les amplificateurs de stress ;
  • Les concepts clés de la planification et de la conduite opérationnelle de théatre.

Séance n° 3 – La puissance aéroterrestre.

  • Présentation de la composante terrestre d’une force interarmées ;
  • Stationnement, déploiement et utilisation ;
  • Les « styles » de campagnes opératives.

Séance n° 4 – La puissance aérospatiale.

  • De la puissance aérienne à la puissance aérospatiale au XXIème siècle ;
  • Les stratégies aériennes et spatiales générales et opératives.

Séance n° 5 – La puissance aéromaritime.

  • La composante aéromaritime d’une force interarmées ;
  • Thalassocraties et stratégies maritimes ;
  • Typologie des stratégies navales contemporaines.

Séance n° 6 – Stratégie indirecte.

  • Définitions, caractéristiques et limites des stratégies indirectes ;
  • Les forces spéciales en stratégie indirecte ; Foreign Internal Defense, Unconventional Warfare ;
  • La privatisation des opérations : les sociétés privées de défense et de sécurité.

Scéance n° 7 – Dimension psychologique des stratégies opérationnelles : le nucléaire.

  • Les armements nucléaires : présentation et typologie ;
  • Les stratégies opérationnelles d’emploi : la punition et l’interdiction ;
  • Les mécanismes psychologiques de la dissuasion du décideur politique.

Modalités pratiques du séminaire.

L’enseignement est assuré par deux intervenants couvrant chacun la moitié des séances. Les thèmes abordés sont complétés, à l’issue de la formation, par un atelier de simulation dans lequel la méthode d’analyse stratégique est déroulée par les étudiants sur un cas concret. La  validation de l’enseignement est obtenue par deux tests écrits sous la forme de questionnaires, préparés par les deux intervenants.

Dernier point : le séminaire est engagé très tôt dans le programme, car l’apprentissage méthodologique sera ensuite appliqué aux autres domaines d’étude, notamment en recherche sur la paix.

Bibliographie sommaire.

Une bibliographie thématique est adressée aux étudiants en début de séminaire, sous forme de paquets de documents transmis électroniquement. Toutefois, la bibliographie disponible sur ces questions est considérable, surtout en langue anglaise. Ces quelques références sont conseillées pour des débutants. Les traités cités reprennent souvent les textes originaux de dizaines d’auteurs pour les commenter.

Stratégie générale.

    • Edward Mead EARLE, Les maîtres de la stratégie, Flammarion, Paris, 1993, 2 tomes, 344 p.
    • Gérard CHALIAND, Lucien POIRIER Pierre-Marie GALLOIS,  Anthologie mondiale de la stratégie des origines au nucléaire, Collection Bouquin, Robert Laffont, Paris, édition 2009, 1526 p.
    • Hervé COUTAU-BEGARIE, Traité de stratégie, Economica, Paris, édition 2008, 1135 p.

Stratégies aériennes :

    • Frantz FADOK, La paralysie stratégique par la puissance aérienne, Economica, Paris, 1998, 72 p.
    • Michel FORGET, Puissance aérienne et stratégie, Economica, Paris, 2001, 363 p.
    • Robert PAPE, Bombarder pour vaincre : puissance aérienne et coercition dans la guerre, La documentation française, Paris, 2011, 432 p.

Stratégies navales.

    • Hervé COUTAU-BEGARIE, Le meilleurs des ambassadeurs : théorie et pratique de la diplomatie navale, Economica, Paris, 2007, 384 p.