RCA : comment stabiliser ? par Jean-Christophe ROBEMBE (conférence professionnelle)

Source : 123 RF

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La République centrafricaine est au cœur de l’actualité avec la guerre civile en cours, en dépit de l’intervention française (opération SANGARIS) et de la Communauté internationale (MISCA et prochainement MINUSCA). Un sentiment d’impuissance se développe, alors que l’urgence des réfugiés et des déplacés touche maintenant les pays limitrophes (Tchad, Cameroun). Un point de situation s’imposait.

Monsieur Jean-Christophe ROBEMBE, chargé de mission au Conseil économique et social de RCA depuis 2008 et Président du Groupe d’études – conseils en entrepreneuriat et développement a bien voulu répondre à l’invitation du Master pour une conférence, le 3 mars 2014.

La peur au cœur de la situation centrafricaine

Plusieurs constats ont été posés éclairant la difficulté de stabiliser la situation. Pour l’orateur, celle-ci se situe dans le prolongement des conflits non réglés de la décennie précédente, durant laquelle la rébellion armée est devenue une stratégie commune de conquête ou de participation au pouvoir. En réponse, l’impuissance des forces armées centrafricaines à protéger les populations contre les prédations diverses (coupeurs de routes, braconniers, rebelles…) a eu comme conséquence l’apparition de milices locales d’autodéfense, prototype des « anti-balakas » contemporains. Enfin, l’arrivée au pouvoir des SELEKA et les exactions qui ont suivi ont occasionné une rupture totale entre les différentes composantes chrétienne et animiste d’une part, musulmane minoritaire d’autre part.

Le processus de transition actuel (le troisième en une dizaine d’années) n’est pas en mesure de stabiliser le pays rapidement. Pour le conférencier, une partie des éléments nécessaires au règlement de la crise n’est pas représentée dans l’actuel gouvernement de transition de Madame Catherine SAMBA-PANZA et du Premier ministre André NZAPAYEKE. La base politique de ces deux personnalités, indépendamment de toute considération sur la valeur des personnes, semble encore trop peu représentative. Enfin, la crainte d’une manœuvre ou d’un retour des SELEKA reste très présente.

Reconstituer une force armée centrafricaine légitime

L’intervenant pense que la stabilisation de la situation n’est pas concevable sans une reconstitution de l’appareil de défense et de sécurité. Celui qui a cédé sous BOZIZE est aujourd’hui complètement décrédibilisé. Son absence entretient peur et suspicion. Il conviendrait donc de recruter rapidement au sein des jeunes diplômés à la sortie des études pour remplacer l’ancienne génération. Par la force des événements, l’armée n’est plus inféodée à un quelconque parti politique, pour le moment. Dans cette réforme du secteur de la sécurité, la Communauté internationale doit jouer un rôle majeur. Il n’en reste pas moins que cela ne sera pas facile, tant l’administration d’Etat a été malmenée et démembrée.

Au final, on retient de cette intervention une impression de malaise. Monsieur ROBEMBE n’a rien caché, ni de ses convictions personnelles (lesquelles sont très fortes), ni des craintes qu’il éprouve pour la survie de son pays. Il s’agissait clairement d’un appel à ne pas laisser seuls les Centrafricains, dont il connaît bien les qualités, mais aussi et surtout en ce moment, les défauts.

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