Armée de l’air sur la Libye : les enseignements de l’opération Harmattan par le Général Lemoine (conférence professionnelle)

Pour la seconde fois dans le cursus pédagogique du Master, le Général de division aérienne Gilles LEMOINE, Directeur du Centre d’études stratégiques aérospatiales (CESA) de l’armée de l’air est venu prononcer une conférence devant les étudiants de la formation, le 11 mai 2012 dans les locaux de la Fasse.

Le thème de l’intervention portait sur les retours d’expérience de l’armée de l’air, à l’issue de l’opération Harmattan au dessus de la Libye. Après un rappel sur le cadre juridique international de l’engagement, pris sur le fondement du principe de la responsabilité de protéger les populations civiles (résolutions 1970 et 1973 des Nations unies), le conférencier a caractérisé l’action de l’armée de l’air.

Plusieurs points ont été abordés. Tout d’abord, la préparation et la montée en puissance extrêmement rapides d’un dispositif aérien qui devait s’engager en moins de trente six heures à plus de deux milles kilomètres de ses bases. Le Général a expliqué l’évolution des dispositifs du commandement franco-britannique, puis le transfert progressif vers les structures de commandement opérationnel de l’OTAN. L’adaptation est ici le maître-mot. Le second point de l’exposé a dépeint les modalités tactiques et techniques de l’intervention elle-même. Le Général a ainsi présenté le « phasage » de la campagne aérienne et les missions assurées par les formations de l’armée de l’air. La troisième partie s’est attachée à démontrer les acquis opérationnels mis en évidence lors du conflit dans le choix des systèmes d’armes mis en oeuvre (Rafale, missiles de croisière, munitions guidées de précision). Les limites constatées ont aussi été développées (manque de capacités de surveillance, de ravitaillement en vol que l’USAF complétait en tant que de besoin). Toutefois, deux points forts sont apparus, à la lumière des explications du confériencier :

  • La maîtrise du temps, avec l’aptitude à mener des actions très rapidement, mais aussi l’organisation d’une « capacité à durer » plusieurs mois pour l’accomplissement des missions  ;
  • La maîtrise des effets liés à la capacité de ciblage dynamique (Time Sensitive Targeting – TST) pour traiter des objectifs fugaces et à la létalité contrôlée des armes employées (têtes inertes).

En conclusion ont été livrés un bilan chiffré des opérations et une analyse des conditions du succès, liées à une bonne interopérabilité multinationale et interarmées. Le débat qui a suivi s’est concentré sur la responsabilité de protéger et la question de nécessité de la réduction des pertes civiles.

Comme à l’accoutumée, les propos du conférencier ne sont ni enregistrés, ni repris dans ce billet, afin de garantir une liberté de parole optimale. Les précisions, nombreuses et illustratives, étant réservées aux auditeurs de la formation. Toutefois, le lecteur curieux de développer la question pourra se reporter à deux sources très détaillées :

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